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SERGE LERESCHE
L’énergie hydraulique au fil de l'Orbe
Si
l’on souhaite connaître un seul endroit pour étudier toute l’histoire de
l’énergie hydraulique en Suisse, une rivière jurassienne convient
parfaitement : l’Orbe. C’est ainsi qu’un enfant du pays, Serge Leresche,
a parcourut d’amont en aval, de bas en haut et de gauche à droite, tout
le parcours de cette rivière, pour nous offrir, non seulement
l’Histoire, mais aussi toutes les informations actuelles sur l’emploi de
son eau. Serge Leresche est né à Ballaigues. Son parcours professionnel
commence par quatre années d’apprentissage de dessinateur en machines,
puis, parallèlement à son activité aux Usines Métallurgiques de
Vallorbe, il poursuit des études d’ingénieur en mécanique à L’Ecole
d’ingénieurs du soir à Lausanne. Diplômé en hydraulique pour la
définition du complexe Hongrin-Léman, il est actuellement membre du
comité du Musée du fer et du chemin de fer de Vallorbe.

L'Orbe à
Vallorbe
La brochure
commence par la situation géographique des lieux du lac de Joux à Orbe
et continue par la naissance de l’exploitation énergétique de l’Orbe
ainsi que celle de la Jougnena, son affluent. On y apprend par exemple
que, sous la domination bernoise qui favorise les « montagnards »,
Ballaigues possède plusieurs sites utilisant la force hydraulique dont
au moins deux sur la Jougnena : les forges du Creux qui é taient
réputées pour la fabrication des faux et le moulin du Pontet qui cessa
ses activités en 1906. Ses murs se trouvent maintenant sous les eaux du
barrage du Châtelard, seules les deux meules du moulin sont encore
exposées sur la berge. Les quatrième et cinquième chapitre sont
consacrés l’un aux roues hydrauliques et l’autre aux turbines (roue
Pelton, roue Francis et turbines axiales). Les chapitres qui suivent
sont employés aux centrales qui se déploient tout au long du cours
d’eau. Laissons l’écrit à Serge Leresche :
Les Grandes Forges de Vallorbe : " le Danube"
« La Suisse, château d’eau
de l’Europe, est connue dans le monde entier pour ses réalisations
hydroélectriques, notamment au travers de ses grands barrages alpins.
Mais ces oeuvres colossales ne doivent pas faire oublier tout le
potentiel d’aménagements plus modestes qui ont été installés le long de
nos cours d’eau. Ainsi, de Vallorbe à Orbe, six usines produisent près
de 204'000 MWh, ce qui correspond à la consommation annuelle d’une ville
de 45'000 habitants. Cette production énergétique reste un enjeu
d’avenir. Preuve en est l’inauguration en avril 1993, à Montcherand, du
laboratoire MHyLab consacré aux petites centrales hydrauliques. Ce
laboratoire permet de tester tous les types de turbines et d’effectuer
des mesures. MHyLab donne ainsi la possibilité aux particuliers et aux
collectivités publiques de réaliser des petites centrales installées
aussi bien sur un cours d’eau que sur un réseau d’eau potable ou d’eau
usée. À l’heure de la sensibilisation croissante aux problèmes
environnementaux, l’énergie hydroélectrique s’affirme comme une
ressource d’énergie renouvelable, décentralisée et non polluante. Elle
s’inscrit parfaitement dans la logique du développement durable, aussi
bien dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de
développement. »

L'ancienne
usine du Châtelard sur l'Orbe ©
Suit
l’historique des centrales de la Dernier (Romande Energie SA), de la
Gerlette (Commune de Vallorbe), du Châtelard (SEC), de l’usine
électrochimique du Day, l’usine des Clées de la Romande Energie SA),
l’usine de Montcherand (Romande Energie SA) et pour terminer les Usines
de l’Orbe, entreprise fondée en 1891. « Elle
a livré ses premiers kWh, en provenance de sa centrale au fil de l’Orbe
du Chalet, dès le début de 1894. Elle est devenue en 2004 propriétaire
de l’ancienne centrale des Moulins Rod, augmentant ainsi sensiblement sa
propre production d’électricité. Elle alimente les communes d’Orbe et
Montcherand et fait partie du groupe Enerdis qui a été créé en 1999. »
De la liste des centrales on passe à celle des projets de nouvelles mini
centrales : Au Bief Rouge (tunnel du Mont d’or), à la Gerlette, au Musée
du Fer de Vallorbe, et à la restitution d’eau du barrage du Day.

Salle des
machines de Montcherand en 1908 ©
La seconde partie de
l’étude de Serge Leresche, est, comme la majorité de celles qui l’ont
précédé, consacrée aux différents entretiens. Le premier est celui de
Vincent Denis de MHyLab :
MHyLab (laboratoire de mini
hydraulique), basé dans l’usine électrique de Montcherand, est une
fondation à but non lucratif fondée en 1993, indépendante de tout
constructeur ou entreprise. Son but est de développer la production
décentralisée d’énergie électrique, au moyen de petites centrales
hydrauliques, ceci tant en Suisse que dans le monde, et de prêter
assistance aux différents acteurs de ce marché, dont les propriétaires
et promoteurs de ce type d’aménagement. Ce centre de compétences en
petite hydraulique, se propose d’une part, de développer des machines
adaptées à la petite hydraulique et d’autre part, d’assurer un soutien
technique pouvant aller du conseil à la formation du personnel, en
passant par le suivi de réalisations et le contrôle des performances des
petites turbines.

Usine de Montcherand, dans
laquelle est intégré le laboratoire MHyLab

Pour
mieux appréhender les problèmes de la petite hydraulique et de faire
connaissance avec cette fondation, nous avons été reçus le 6 septembre
2006 à Montcherand par Vincent Denis, responsable du laboratoire MHyLab.
(Extraits)
Pouvez-vous
nous présenter votre laboratoire et ses activités ?
Nous avons dans notre
laboratoire quatre activités : l’information, la formation, le conseil
en ingénierie et le développement de turbines hydrauliques en
laboratoire. Commençons par la plus petite en volume, Info
Energie. Ce mandat d'information nous a été confié par la Confédération
il y a plus de dix ans dans le cadre du programme « Suisse Energie » et
du sous-programme « Petites centrales hydroélectriques ». Son but est de
promouvoir la petite hydraulique, ses techniques et moyens de production
et de la faire connaître à un public aussi large que possible, tout en
soutenant les porteurs de projets potentiels.
Le deuxième volet est la
formation. Elle se concrétise essentiellement par des collaborations
avec les écoles d’ingénieurs au travers du suivi de travaux de diplôme
ou en enseignant à des formations post-grade. Nous organisons aussi des
journées d’information et mettons sur pied des formations pour des
associations professionnelles ou des entreprises qui désirent avoir un
aperçu de la petite hydraulique. Parmi nos activités principales, il y a
nos mandats d’ingénierie et de conseil qui nous amènent à
réaliser des analyses préliminaires de sites, suivies d’études de
faisabilité technique et économique. Nous pouvons alors poursuivre avec
le projet de réalisation, l’établissement de cahiers des charges et des
appels d’offres pour le matériel hydromécanique. Nous sommes enfin
capables d’assurer tout le suivi de fabrication, de réception de
matériel et de mise en service. La seconde
activité principale est le développement de turbines hydrauliques en
laboratoire. Les constructeurs de petites turbines ne disposent pas
de laboratoire, trop coûteux, et ne peuvent, par conséquent, pas faire
de recherche. L’idée était de créer un laboratoire, un centre de
recherche à disposition des constructeurs, sans distinction. Cela nous a
amené à développer des machines, par exemple, une gamme de turbines
Pelton pour les chutes supérieures à 60 m. et une gamme de turbines de
type Kaplan pour des chutes inférieures à 30 m.
Aline Choulot ingénieur à
MHyLab et S. Leresche
Traitez-vous
toutes les machines ?
Il nous reste à combler un
trou pour les chutes de 20 à 100 mètres, la zone "Francis". Pour cela
nous allons développer des turbines diagonales qui sont une émanation
des "Kaplan", cette turbine inventée par un ingénieur genevois, M.
Dériaz, porte son nom. Nos clients sont de petits industriels qui
réalisent les installations. Finalement nous cherchons à couvrir un
assez large domaine de la branche.
Combien avez-vous de collaborateurs ?
Jusqu’en juillet de cette
année 2006, nous étions quatre, plus un stagiaire et depuis août trois.
L’ordre de grandeur idéal est quatre à cinq employés. Nous avons aussi
un petit réseau de spécialistes à qui nous pouvons faire appel pour
certains projets ou en périodes très chargées.
Pouvez-vous
nous décrire ce qu’est la mini hydraulique ?
Vaste question ! On peut
dire que la mini ou petite hydraulique a une définition légale, fixée en
Suisse à 10 MW de puissance. La centrale du Seujet à Genève, qui a une
puissance de 10 MW et des roues de plus 5 mètres de diamètre, est
théoriquement une petite hydraulique, alors que cela n’est évidemment
pas le cas. À MHyLab, nous considérons qu'une petite centrale
hydraulique est une installation qui, pour des raisons techniques et
économiques, ne peut pas être un modèle réduit d’une grande centrale.
C’est donc un domaine à part, même s’il est vrai que l’on utilise aussi
des turbines hydrauliques, des conduites, de l’eau et une dénivellation.
Dans la conception des aménagements, des différents matériaux et la
façon de travailler, nous devons avoir des méthodes adaptées à la petite
taille des installations. Sans quoi on arrive à du trop compliqué, du
bricolage ou de l’extrapolation et on a des centrales qui ne
fonctionnent pas. Il est donc nécessaire de développer une technologie
et des méthodes qui sont propres à ce domaine. Si je suis conscient que
ce n’est pas vraiment une définition, celle de 10 MW n’en est pas une
non plus. Par exemple, l’Italie l’a fixée à 5 MW, la Chine à 50 MW. Au
Portugal et dans les institutions européennes la limite est également
fixée à 10 MW. La raison qui a conduit la définition de cette limite de
10 MW est que, jusqu’à cette puissance, il faut des programmes
d’encouragement pour que les projets se réalisent. Il faut des mesures
d’accompagnement, pas forcément financières, mais qui sont simplement
des mesures de garantie d’accès au réseau, d’obligation d’achat
d’énergies renouvelables, etc. Au delà de 10 MW, on est dans des
installations se trouvant sur le marché "normal".
Quels besoins
couvre la petite hydraulique ?
En Suisse, nous n’avons pas
beaucoup de chiffres. La Confédération ne répertorie plus toutes les
petites centrales de faible puissance. La dernière étude, réalisée par
l’Office fédéral de l’énergie date de 1992. Actuellement des
statistiques sont tenues par l’association des propriétaires de petites
centrales (ISKB). Ce que nous pouvons dire aujourd’hui sans trop nous
tromper, c’est que la petite hydraulique représente 3000 GWh/an et que
l’année passée la consommation totale suisse a été de l'ordre de 60'000
GWh. Elle représente donc 5% des besoins.
Quel est son
potentiel ?
Nous estimons qu’il est
possible de doubler cette production. La consommation augmente, mais
cela ne veut pas dire que l’on passera à 10%. 3000 GWh, ce n’est pas
négligeable, sachant qu’un GWh, couvre environ 250 ménages. Il est
important de relever que de nombreux GWh potentiels sont "en friche". La
technique existe, les compétences aussi ; nous pouvons donc les
réactiver rapidement. Tous les domaines des énergies renouvelables sont
en évolution. La petite hydraulique n'y fait pas exception. Pour assurer
son développement, il faut une volonté politique et des garanties
d’accès aux réseaux. Ce sont des éléments essentiels. Cette énergie
renouvelable coûte un peu plus cher que si elle provenait de grandes
centrales, mais c’est une énergie produite localement. Cette différence
de prix est actuellement en train de se réduire, le tarif du marché
étant, par ailleurs, en augmentation. Toutes ces petites installations
décentralisées aident aussi à soulager les grands réseaux de transport.
Certes nous n’allons pas résoudre le problème énergétique mondial en
faisant des petites centrales hydrauliques, mais c’est un acteur
important dans le domaine des énergies renouvelables qui mérite d’être
développé. Le doublement, voire plus, de la capacité dépend du prix de
l’énergie ainsi que des contraintes administratives et légales. Cela
découle finalement de la politique que l’on veut bien se donner. Si on
est volontariste ou non dans le domaine du développement des énergies
renouvelables. Si le prix de l’énergie continue à augmenter et que nous
tenons compte des effets externes, tels que par exemple la pollution,
la tendance va en notre faveur. Plus le prix "du marché" de l’énergie
augmente, plus le potentiel à réaliser des petites centrales
hydrauliques augmente aussi. Il existe évidemment une limite technique,
la ressource en eau disponible n'est pas extensible.

Turbine (1929) de la source de
la Gerlette (commune de Vallorbe)
Quel est selon
vous son avenir en Suisse ?
En Suisse, je dirais que
l’avenir est relativement bon pour la petite hydraulique, grâce aux
programmes d’encouragement. Les chambres fédérales parlent
d’amélioration des conditions cadres pour l’ensemble des énergies
renouvelables, dont la petite hydraulique. Les projets qui restent
aujourd’hui à réaliser sont plutôt de petite et moyenne taille. Il y a
donc encore un bel avenir dans ce domaine en Suisse, ne serait-ce que
dans le turbinage des eaux potables. Cela avance ! Les conditions cadres
ont évolué et le surcoût, par rapport à leur coût d’approvisionnement
normal, est couvert par un fonds de péréquation prélevé sur le transport
d’énergie. La population suisse a voté l’article de la Constitution sur
l’énergie où il est clairement dit que l’on doit développer les énergies
renouvelables. Il y a une certaine cohérence. Les compagnies
d’électricité, longtemps peu actives dans ce domaine, sont maintenant
prêtes à être partenaires de petits projets. Depuis le début de l’année,
tous projets confondus entre ingénierie et construction de machines,
nous en avons réalisés vingt-trois, pour une structure de 4 personnes.
En 2005, nous n’en comptabilisions que quatorze. Mais les prévisions
sont toujours dangereuses, surtout à long terme ! Je ne pense pas que
nous allions vers une diminution du prix de l’énergie.

La
Société Electrique du Châtelard (SEC) a été fondée le 2 février 1896 à
Vallorbe. À l’époque ses buts étaient de produire et de distribuer de
l’énergie électrique aux localités de Vallorbe, Ballaigues et Vaulion.
Aujourd’hui la société assure aussi la distribution de gaz naturel et a
créé un département d’installations. Claude Madörin, son directeur, nous
a aimablement reçu le 18 octobre 2006 dans les locaux de la SEC à
Vallorbe. (Extraits)
Pouvez-vous
nous présenter la SEC ?
La Société Electrique du
Châtelard a été constituée en 1896. Elle a fait l’acquisition du réseau
de gaz en 1978. Son capital actions est d’un million, avec des
participations de communes pour près de 63%. Son chiffre d’affaires est
d’environ 12 millions, dont 6,9 proviennent de l’électricité, 1.6 du gaz
et 3,4 des installations. Notre aire de distribution électrique s’étend
à Vallorbe, Ballaigues et Vaulion ; pour le gaz nous allons jusqu’à
Lignerolle, Les Clées et depuis peu à L’Abergement. En ce qui concerne
nos activités d’installations, nos services sont proposés partout où
nous avons une demande sur l’ensemble de la Romandie (Neuchâtel et
Genève par exemple). Il y a quatorze ans mes collègues des autres
sociétés d’Enerdis pensaient fermer ces installations ou les diminuer
drastiquement. Finalement nous avons fait le contraire, aujourd’hui,
avec Georges Leresche, nous avons plus que triplé le chiffre d’affaires
du secteur avec une bonne rentabilité.
Comment les
achats d’électricité fonctionnent-ils ?
Nous faisons des analyses
et donnons nos pronostics. Nous faisons du « Hedging », c'est-à-dire que
nous achetons de 6 mois à une année à l’avance… Nous achetons des
positions pour 2007-2008. Ensuite nous faisons ce que l’on appelle
« l’achat des jours d’avant », l’achat « Spot ». Nous achetons les
compléments chaque jour avant 8 heures pour le lendemain. Notre poste de
pilotage se trouve à la centrale du Chalet. Il définit les prévisions et
les consommations que l’on a dans chacune des sociétés. Le poste de
pilotage peut être suivi par n’importe quelle société du groupe. Nous
avons également un logiciel de simulation qui s’appelle « Efforte ». Ce
système nous permet d’avoir une simulation réelle en fonction des
conditions météo et de la température extérieure de chaque endroit, ce
qui nous permet de faire nos propositions d’achat. Une fois l’achat
fait, selon le profil estimé, le profil réel est analysé chaque jour.
Une fonction s’appelle « Power Balancing », elle équilibre les réseaux ;
vous savez que l’énergie consommée doit être égale à l’énergie soutirée.
L’achat d’énergie au dernier moment a encore un prix plus élevé. C’est
toute une succession de prix différents que nous connaissons uniquement
lorsque l’énergie est utilisée. La différence du prix est extrêmement
importante selon la qualité de nos prévisions. Si nos prévisions sont
bonnes, nous avons un prix intéressant, sinon il y a un gros risque de
perte.

Barrage et retenue d'eau de la SEC sur la Jougnena
Comment
fonctionne ce « profil » ?
Le profil se décline chaque
jour en fonction des évènements et des prévisions données. Nous
revendons du "Spot" les premières heures de la journée et plus tard nous
sommes obligés d’en acheter. Cela dépend des heures et de ce qui se
passe sur le marché. Ces variations, nous les payons très chères. Donc,
il faut être le plus précis possible. Ces décisions sont prises dans la
cellule que nous avons constituée, elle effectue les transactions au
travers de Romande Energie et Avenis.
Et la
libéralisation du marché de l’électricité ?
Nous arrivons dans un monde
commercial et concurrentiel, nous espérons que cela marchera en 2007
avec notre fournisseur Romande Energie. Et si ce n’est pas le cas, nous
irons acheter notre part variable ailleurs, chez Axpo, chez EDF, ou
ailleurs… Notre intention n’est pas de quitter Romande Energie, loin de
là, mais nous souhaitons un accès à EOS au même niveau qu’elle. Jusqu’à
présent on nous a considéré comme des petits... Nous ne le voulons plus
puisque le marché nous ouvre ses portes. C’est donc une opportunité à
saisir dans le cas de cette libéralisation du marché pour l’achat
d’énergie.
Et que
pensez-vous de la libéralisation de la distribution aux ménages ?
Personnellement je pense
que c’est une immense erreur. Cela génère des frais considérables. Le
prix de l’énergie ne peut qu’augmenter. Un bon système monopolistique,
mais contrôlé par l’autorité politique me parait plus avantageux qu’un
système complètement libéralisé dans le cas de la distribution aux
ménages. Mais nous n’y sommes pas encore. Il faut absolument libéraliser
la distribution pour les gros consommateurs, leur donner libre accès
afin de rendre notre économie compétitive. Quand j’ai un gros
consommateur qui dit payer trop cher son énergie, il faut lui expliquer,
lui démontrer la complexité du jeu. Nous travaillons au mieux. Nous
devons être transparents. Je crois qu’il est absolument nécessaire que
nous soyons solidaires dans une société comme Enerdis. Avec 30 GWh au
Châtelard, 30 à Orbe et 50 à la Vallée de Joux, nous sommes
insignifiants. Pour être intéressant, nous devons travailler avec 500
GWh minimum.

La commune de Vallorbe
compte plusieurs centrales hydro-électriques sur son territoire. Nous
avons voulu connaître le point de vue du syndic de Vallorbe à cet égard.
Laurent Francfort nous a reçu les 15 septembre et 21 novembre 2006,
ainsi que le 12 février 2007, à la salle de la municipalité de Vallorbe.
(Extraits)
Quel rôle joue
la commune de Vallorbe dans la production électrique régionale ?
Avec deux barrages et deux
centrales sur la commune, nous avons un rôle important en tant que
producteurs au niveau cantonal. Il faut savoir que le quart de la
production d’énergie électrique du canton de Vaud se fait sur le cours
de l’Orbe.
Que pensez-vous
de l’ouverture du marché de l’électricité ?
Le marché va s’ouvrir ! En
2008 ? Nous ne le savons pas, les dates sont toujours repoussées. Une
chose est cependant sûre, c’est que le pouvoir politique (législatif) a
décidé de viser trois axes différents, à savoir :
1er axe)
Monsieur prix demande que l’électricité soit fournie à un prix
acceptable pour chacun et que soit mise à disposition une énergie à un
prix compétitif. C’est pour cela que Romande Energie a annoncé une
réduction de 46 millions de ses tarifs, ce qui a pour incidence une
baisse substantielle de ses bénéfices.
2e axe)
Actuellement on comprend et on accepte que les communes reçoivent une
ristourne pour l’utilisation de leur sol à des fins de production ou de
transport d’électricité. À l’avenir les communes productrices ou
distributrices d’électricité sur leur territoire toucheront une
redevance sur la base du kW (0.7 ct/kWh). Actuellement toutes les
communes touchent une redevance forfaitaire. Certaines, comme celles de
la Riviera, touchent des centaines, voire des millions de francs, et
d’autres 200 francs par an. À Vallorbe, par exemple, la SEC redistribue
à la commune environ 90’000 francs par an pour l’utilisation de
l’emprise au sol du réseau de distribution. À partir du 1er
octobre, je pense plutôt 1er janvier, les communes pourront
percevoir un montant unique et forfaitaire de 0.7 ct/kWh distribué sur
leur territoire. Ceci sous réserve des recours de communes de la Riviera
qui ont des effets suspensifs. Date non arrêtée pour l’application de
ces décisions, mais elles seront avec effet rétroactif.
3e axe) Il
s’agit de promouvoir des énergies alternatives, vertes, afin d’augmenter
notre capacité de production propre, quelque soit son mode. La nouvelle
Loi sur l’énergie précise : si pour promouvoir cette énergie, une
société se crée dans laquelle les pouvoirs publics ne seront actifs qu’à
concurrence de 50%, nous, Confédération, nous nous engageons à ce que le
producteur rachète ce courant à hauteur de 15 ct/kWh.

Eté 2007, viaduc de Day en aval
de Vallorbe. Le niveau du lac du Miroir est particulièrement bas
Quelle sera la
durée de cet engagement ?
Elle n’est pas définie ! Il
faudrait une pérennité. La société qui met en œuvre une petite centrale,
pensant qu’elle va percevoir 15 centimes par kWh, et qui quelques années
plus tard se retrouve à toucher le prix du marché, ne pourra pas
survivre.
Qu’en sera-t-il
pour les petits consommateurs ?
Vraisemblablement dans un
premier temps une baisse du prix qui sera suivie d’une remise à niveau
en fonction du marché, soit à la hausse. Le cas de figure vécu en
Allemagne en est le reflet : la petite industrie et les petits
consommateurs sont allés au meilleur prix du marché. Après avoir conquis
des clients, les producteurs ont revu leurs tarifs à la hausse. Ces
tarifs sont actuellement plus élevés qu’avant la libéralisation.
Entretien
avec Olivier Rapin, secrétaire général de Romande Energie Holding, le 21
décembre 2006. (Extraits)
Pouvez-vous
nous présenter votre société ?
La CVE a changé de nom à
l’assemblée générale de l’année dernière, le 19 mai 2006, elle est
devenue Romande Energie Holding SA (RE). La dénomination CVE a
entièrement disparu. En effet, cela nous posait des problèmes, car les
actions de la société étaient cotées en bourse au nom de CVE. La CVE,
étant une holding, ne détenait que des participations financières, dont
les 100% de Romande Energie, société opérationnelle facturant
l’électricité. Les gens ne faisaient pas la relation entre CVE et
Romande Energie, ce qui nous a amenés à changer de nom. La SEC et les UO
se sont heurtés aux mêmes problèmes. Toutes nos sociétés sont liées par
des conventions, parfois d’origine très ancienne, avec les communes du
réseau de la Riviera, les communes du réseau de la SEBV et celles du
réseau direct de RE. C’était d’une complication effroyable. C’est pour
cela que nous sommes arrivés à devoir constituer cette holding. Nous
avons aussi créé une nouvelle société, Romande Energie Renouvelable SA
(RER) le 5 décembre 2006. C’est une petite société (à l’échelle du
groupe) pour réaliser des projets liés aux énergies renouvelables. Nous
avons pour le moment une dizaine de projets en examen, dont notamment
une meilleure exploitation des 62 mètres de chute de Rivaz sur le
Forestay. Mais nous avons aussi en travail des projets de centrales
solaires aux Diablerets et à Bursins, ainsi que des projets de petites
centrales à partir de l’énergie hydraulique ou d’autres énergies comme
l’éolienne.
Combien
employez-vous de collaborateurs ?
Nous sommes environ 650
personnes. Le groupe compte un peu plus, si l’on tient compte de la
subdivision des transports publics de la Riviera (VMCV) qui dépend de la
SEVM (Société électrique Vevey-Montreux). Ce n’est pas une société, mais
un service qui a une centaine de collaborateurs dans une activité qui
n’est pas électrique.
Quelle est
votre production d’électricité ?
Notre production propre est
d’environ 440 GWh par année pour une consommation des réseaux de 2600
GWh. Elle ne représente donc que 17%, nous achetons le solde.

Barrage du Day
Quelle zone
alimentez-vous ?
Les sociétés du groupe
alimentent la clientèle domiciliée sur le territoire de 319 communes :
soit 311 dans le canton de Vaud, 5 dans le canton du Valais, 2 dans le
canton de Fribourg et 1 dans le canton de Genève. 302 communes sont
alimentées par Romande Energie, 12 par la Société électrique
Vevey-Montreux et 5 par la Société électrique du Bas-Valais.
Que penser de
la libéralisation du marché ? et que signifie cette ouverture du marché
de l’électricité ?
Personnellement je ne suis
pas un fan à tout crin, mais personne n’y échappe actuellement. Il y a
des notions qui se mélangent un peu. Si je prends un territoire donné,
vous avez Romande Energie qui a son réseau. Ce réseau va rester un
monopole. Il n’est pas imaginable que l’on construise des réseaux
parallèles à tous ceux qui existent déjà. Simplement le client X ne sera
plus obligé de s’approvisionner auprès de RE. Il pourra demander que le
courant provienne d’autres sociétés, comme par exemple BKW, EDF, des
Allemands (E.On), ou des Valaisans, etc. C’est donc le kWh, le produit
vraiment énergie, qui sera libéralisé, et non pas le réseau de
distribution. Il sera facturé en fonction de la puissance demandée et du
moment de la journée. Nous devrons nous organiser pour que l’on puisse
mesurer cette énergie pour le compte des autres sociétés. Pour ce qui
est du service d’acheminement proprement dit, qui reste en monopole,
nous allons facturer ce qu’on appelle communément le timbre, qui
comprend : une participation aux réseaux de transport à très haute
tension, une contribution pour la transformation du courant haute
tension en tension utilisable par les usagers, puis tout le service
d’acheminement. Nous sommes à la fois propriétaire de ce réseau de
distribution, pour lequel nous facturerons le timbre, et aussi
fournisseurs au même titre que les autres sociétés. Pour l’instant nous
jouons les deux rôles, mais les clients pourront dire « je suis bien
reconnaissant que vous me livriez le courant, mais je ne veux pas de
votre énergie, mais celle de x ou y ». Voilà en quoi consiste cette
ouverture du marché de l’électricité.
Qu’en est-il
pour le simple consommateur ?
Probablement que le simple
quidam ne va pas faire spontanément cette démarche, mais il va être
sollicité par tous les fournisseurs. Ce sont eux qui viendront, comme
pour le téléphone, vous appeler à la maison ou vous attendre à la sortie
d’un supermarché pour vous dire « arrêtez d’acheter votre énergie à RE,
on vous la fait à moitié prix ». Vous n’aurez qu’à signer un document et
nous RE, serons obligés de nous débrouiller pour décompter l'énergie de
l’autre fournisseur. Pour les grandes industries, je pense que c’est
justifié, mais par contre pour les ménages, il faut reconnaître que l’on
va se battre sur le plan commercial pour quelques kWh ! Cela sans
mépriser ces consommateurs qui nous font vivre. Il y aura un effort
commercial faramineux à faire et à des coûts considérables, avec peu de
profit pour le client. Il est clair que les entreprises électriques ont
bien vécu dans leur situation de monopole jusque-là. C’est donc juste
qu’elles fassent un effort de rationalisation et de compression de leurs
coûts – de leurs marges
aussi – au bénéfice du client. Mais pour ouvrir le marché au dernier
consommateur, il faudra mettre en place un système très compliqué.
Avez-vous
d’autres détails sur les risques de la libéralisation ?
À mon sens, il y a encore
le problème du réseau de transport à très haute tension, qui peut être
congestionné à certains moments en fonction de la plus forte demande
d’une partie du pays ou de ce qui se passe à l’étranger. Il y a un prix
pour le transit des lots d’électricité du réseau très haute tension.
Avant cela se faisait sans problème, plus maintenant. Vous devez donc
acheter des capacités de transit. Si vous promettez tant de pourcents
d’énergie hydraulique et que momentanément vous ne les avez pas, parce
qu’il n’y a pas d’eau pour turbiner, par exemple, vous devez alors
acheter des certificats justifiant que d’autres les produisent à votre
place.
La
libéralisation, alors, une chance selon vous ?
Beaucoup d'électriciens
font les fiers-à-bras, et voient ici une opportunité formidable. Ce sera
peut-être une chance pour les entreprises très performantes de se
démarquer par rapport à d’autres, mais les marges vont quand même
diminuer. Financièrement parlant, on va vers une réduction des résultats
au profit du client et des agences de publicité ! Reste que c’est une
opportunité de mieux rationaliser notre travail, de mieux nous
organiser, d’améliorer notre service à la clientèle. Parce que
maintenant, nous allons les chouchouter nos clients, alors qu’avant nous
étions plus dirigistes, puisque de toute façon ils étaient liés à nous.
Dans tous les cas, mieux vaut une ouverture réglementée qu’une ouverture
sauvage !
Quels sont les
projets de Romande Énergie ?
Nous ne produisons que 20%
de ce que l’on vend. Donc nous devons acheter 80% sur le marché et nous
sommes tributaires du prix du marché qui peut augmenter fortement et
cela nous dérange beaucoup. Par définition nous avons un prix fixe
d’année en année pour nos clients. Nous serions perdants si l’on devait
acheter à un coût très élevé et vendre au prix fixé. Donc nous cherchons
à augmenter nos 20% de production propre.

L’association « L’Orbe
Vivante » a pour but de défendre et de protéger cette rivière et ses
affluents, de sa source en passant par le lac des Rousses jusqu’à son
embouchure dans le lac de Neuchâtel. Christian Lambercy nous a accueilli
les 24 octobre et 9 novembre 2006 aux Clées, village sur le fil de
l’Orbe dans lequel il habite. (Extraits)
Pouvez-vous
nous parler de votre association ?
L’Orbe Vivante a été créée
il y a plus de 13 ans, le 13 février 1992, pour sensibiliser un large
public autour du problème de l’eau, et sortant du cadre strict de la
pêche. Les principales associations de défense de l’environnement qui
existaient il y a quinze ans, concernaient des milieux tels que la
nature, les oiseaux, alors que les poissons, mis à part les pêcheurs,
pratiquement personne ne s’en occupait. L’idée était d’ouvrir le
dialogue en exposant le problème que rencontrent les rivières où il y a
beaucoup d’espèces qui sont menacées et pas seulement les poissons.
Formée au départ dans sa majorité par des pêcheurs, L’Orbe Vivante s’est
ouverte à des membres d’autres milieux. Nous nous sommes vraiment
séparés du secteur pêche pour évoluer au vu des diverses problématiques,
beaucoup plus complexes que nous ne l’imaginions au départ, que sont les
questions de débit et de pollution des rivières.
A-t-elle
l’étiquette d’écolo ?
Cela dépend pour qui. Pour
les communes, que nous « chicanons » quelquefois par nos positions, nous
passons pour des écolos. Nous sommes bien des écologistes, puisque nous
défendons l’écologie. Mais nous le faisons dans le bon sens du terme, je
pense. Nous cherchons à protéger l’environnement, à trouver des
solutions qui peuvent être admises par tout le monde. Nous voulons être
les représentants d’une population locale qui agit.

Pont du Moulinet en 2007
Quels buts
poursuit-elle ?
Notre but est la protection
de l’Orbe et de son bassin versant d’une façon générale. Nous sommes
très axés au niveau de la qualité de l’eau et des débits résiduels. Ce
sont vraiment les deux points sur lesquels nous avons le plus agi
jusqu’à présent.
Quelles sont
vos activités ?
Il y a deux activités
principales : la surveillance de la pollution et celle des débits
résiduels. Dans le cadre des problèmes de pollution, nous avons mené une
campagne. Nous avons relevé tous les rejets arrivant dans l’Orbe, les
avons recensés et, pour les plus importants, avons eu des discussions
avec les communes pour essayer de les traiter. Certains ont disparu,
d’autres sont toujours actifs. Par ailleurs, nous surveillons les
différentes mises à l’enquête qui touchent l’Orbe et ses affluents, et
dans les cas nécessaires, nous donnons notre avis ou nous nous opposons
à des parties de projets, quand elles sont, selon nous, trop
contraignantes pour la rivière.
Pouvez-vous
nous donner un exemple ?
À Jougne, la STEP ne
fonctionnait plus du tout, une horreur ! Nous avons constaté l’année
dernière une prolifération d’algues dans les gorges de l’Orbe. Nous
l’avons suivie pour comprendre d’où venait le phénomène. Nous
connaissions le problème de la STEP de Ballaigues qui fonctionne mal,
mais cela ne venait pas de là. En amont, il y avait toujours le même
problème et en remontant la Jougnena, nous nous sommes aperçus que le
problème subsistait. Par contre, passé la restitution de leur STEP, la
rivière était à nouveau propre. Il y avait un impact direct avec la STEP
et toutes les maisons qui rejettent directement leurs eaux usées dans
les égouts. Malgré leur mélange avec les eaux de l’Orbe, cela posait
tout de même problème. Nous sommes intervenus.
Ainsi, nous avons appris
que la commune de Jougne allait mettre en service une nouvelle STEP. La
Jougnena amenait beaucoup de pollution. Ces mesures apporteront
rapidement des améliorations.
Parlez-nous des
échelles à poissons sur l’Orbe. Quelle est la situation ?
Le principal problème est
le barrage des Moulins Rod à Orbe, à côté duquel aucune échelle à
poissons n’est aménagée (pour l’instant seule est installée une rampe à
castors). Les pêcheurs avaient pris sous leur chapeau, il y a quelques
années, ce problème. La pression est quelque peu retombée suite aux
changements de concessionnaires. La construction de cette échelle est
importante car elle permettrait la communication avec le lac. Les
truites lacustres arrivent jusqu’au barrage et ne peuvent pas passer.
C’est très regrettable. C’est un sujet que nous allons reprendre ces
prochaines années. Pour le reste, en amont le barrage du Chalet est
équipé d’une superbe échelle à poissons, mais dont l’utilité est très
relative. Elle sert uniquement pour les truites qui vivent au Puisoir.
Elle a été
dimensionnée pour que la truite lacustre puisse remonter
jusqu’à l’entrée des gorges de l’Orbe, lui
permettant d’y trouver de bonnes zones de frais. Les frayères sont
meilleures qu’à Orbe (la rivière a une meilleure santé, à Orbe elle est
très canalisée). Mais le barrage des Moulins Rod l’empêche de remonter.
C’est important que la truite lacustre puisse monter surtout qu’elle
figure sur la liste rouge des espèces menacées. Il n’y a non plus pas
d’échelle à poissons au barrage des Clées, mais là, les problèmes
migratoires sont moins importants au niveau des gorges car il y a des
cascades qu’elle ne peut pas franchir, entre autres le Saut du Day. Il y
a des truites fario qui migrent sur de petites distances et qui peuvent
remonter jusqu’au pied des gorges, mais ce n’est pas l’essentiel. Pour
le barrage du Day, ce serait énorme que de faire une échelle… Autant ne
pas y penser.
L'Orbe en amont des Clées
Pour conclure,
êtes-vous optimiste ou pessimiste pour l’avenir de l’Orbe ?
Je suis un peu mitigé.
Depuis la création de notre association, je m’aperçois qu’il y a des
zones peu touchées par la pollution, ou par la canalisation, telles que
Vallorbe et les gorges de l’Orbe. La rivière est stable, voire en légère
amélioration au point de vue des résultats. La quantité de poissons
évolue dans le bon sens. Les mesures correctives prises ont un effet
positif sur la santé de l’habitat. Vallorbe et ses gorges ont une
rivière magnifique. Ce n’est pas ce qui existait il y a 50 ans, il faut
faire des comparaisons avec notre époque. La mise en service prochaine
de la STEP de Jougne en France apportera une grande amélioration de la
qualité de l’eau de la Jougnena, et pour l’Orbe. Par contre au niveau
des zones canalisées de la plaine de l’Orbe, il y a une dégradation
incontestable qui se poursuit malgré de meilleurs systèmes d’épuration,
le poisson y est en régression. Puis il y a un autre phénomène, les gens
se désintéressent des zones de plaine parce qu’elles sont devenues
industrielles et canalisées. Lors de nouvelles constructions, il y a peu
d’oppositions, tout y est déjà tellement dénaturé ! Ce sera de plus en
plus difficile de faire machine arrière dans ces zones là. Et il y a des
problèmes globaux contre lesquels on ne peut rien faire. Par exemple les
micropolluants, contre lesquels il est extrêmement difficile de réagir.
Dans la
brochure, une très belle « exposition » de cartes anciennes clôt l’étude
avec la conclusion de Serge Leresche :
Une rivière,
l’Orbe, son histoire au fil du temps et l’homme à la recherche de sa
sécurité et de son bien-être représentent l’évolution démographique et
économique de cette vallée. Si les précurseurs de l’utilisation de
l’énergie de l’eau sont apparus il y a plus de 2500 ans, c’est dans un
passé beaucoup plus récent que cette énergie s’est développée dans notre
région. Est-il
encore besoin de rappeler que l’énergie hydroélectrique est propre ? Les
énergies renouvelables, dont l’énergie hydraulique dans son ensemble,
sont déjà des solutions de lutte anti-pollution. Ce qui n’est pas les
cas des énergies fossiles, dont l’impact par l’effet de serre influence
le réchauffement climatique de notre planète bleue. Il est grand temps
que les politiques et les industriels de tous les pays cherchent des
solutions et les appliquent pour laisser aux générations futures un
climat sur terre viable à toutes les formes de vie. Actuellement, une
prise de conscience mondiale est née. Espérons qu’elle sera suivie
d’actions concrètes. N’oublions pas que chacun d’entre nous peut
apporter sa part, si petite soit-elle, par une lutte journalière contre
le gaspillage de tout genre et particulièrement énergétique. Les petits
ruisseaux font les grandes rivières ! Relevons aussi les difficultés des
sociétés de production, pour être compétitives sur le marché, touchant
le développement de leurs infrastructures dans le respect de
l’environnement. Je crois aujourd’hui que les relations entre les
producteurs d’électricité et les mouvements écologiques sont en
amélioration, témoin notre entretien avec l’association Orbe vivante.
L’écoute et le dialogue permettent souvent de trouver un consensus pour
que l’exploitation de l’énergie soit économique dans le respect de
l’environnement. Face au déficit de production d’énergie électrique des
entreprises, dont la Romande Energie, elles s’impliquent de plus en plus
dans les énergies renouvelables, en particulier pour la petite
hydraulique. Même si cette énergie reste marginale, elle n’en est pas
moins très intéressante puisque propre par l’absence de CO2
et locale face à la charge des grands réseaux de distribution.

Région
de Vallorbe, vue de la Dent de Vaulion
CONTENU :
88 pages, photos couleurs
COMMANDE :
Nos brochures sont à vendre. Merci de nous contacter.
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Mai 2007
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