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SERGE LERESCHE

L’énergie hydraulique au fil de l'Orbe


 

Si l’on souhaite connaître un seul endroit pour étudier toute l’histoire de l’énergie hydraulique en Suisse, une rivière jurassienne convient parfaitement : l’Orbe. C’est ainsi qu’un enfant du pays, Serge Leresche, a parcourut d’amont en aval, de bas en haut et de gauche à droite, tout le parcours de cette rivière, pour nous offrir, non seulement l’Histoire, mais aussi toutes les informations actuelles sur l’emploi de son eau. Serge Leresche est né à Ballaigues. Son parcours professionnel commence par quatre années d’apprentissage de dessinateur en machines, puis, parallèlement à son activité aux Usines Métallurgiques de Vallorbe, il poursuit des études d’ingénieur en mécanique à L’Ecole d’ingénieurs du soir à Lausanne. Diplômé en hydraulique pour la définition du complexe Hongrin-Léman, il est actuellement membre du comité du Musée du fer et du chemin de fer  de Vallorbe.

 

L'Orbe

L'Orbe à Vallorbe

La brochure commence par la situation géographique des lieux du lac de Joux à Orbe et continue par la naissance de l’exploitation énergétique de l’Orbe ainsi que celle de la Jougnena, son affluent. On y apprend par exemple que, sous la domination bernoise qui favorise les « montagnards », Ballaigues possède plusieurs sites utilisant la force hydraulique dont au moins deux sur la Jougnena : les forges du Creux qui éLa grande rouetaient réputées pour la fabrication des faux et le moulin du Pontet qui cessa ses activités en 1906. Ses murs se trouvent maintenant sous les eaux du barrage du Châtelard, seules les deux meules du moulin sont encore exposées sur la berge. Les quatrième et cinquième chapitre sont consacrés l’un aux roues hydrauliques et l’autre aux turbines (roue Pelton, roue Francis et turbines axiales). Les chapitres qui suivent sont employés aux centrales qui se déploient tout au long du cours d’eau. Laissons l’écrit à Serge Leresche :                                                                  Les Grandes Forges de Vallorbe : " le Danube"

« La Suisse, château d’eau de l’Europe, est connue dans le monde entier pour ses réalisations hydroélectriques, notamment au travers de ses grands barrages alpins. Mais ces oeuvres colossales ne doivent pas faire oublier tout le potentiel d’aménagements plus modestes qui ont été installés le long de nos cours d’eau. Ainsi, de Vallorbe à Orbe, six usines produisent près de 204'000 MWh, ce qui correspond à la consommation annuelle d’une ville de 45'000 habitants. Cette production énergétique reste un enjeu d’avenir. Preuve en est l’inauguration en avril 1993, à Montcherand, du laboratoire MHyLab consacré aux petites centrales hydrauliques. Ce laboratoire permet de tester tous les types de turbines et d’effectuer des mesures. MHyLab donne ainsi la possibilité aux particuliers et aux collectivités publiques de réaliser des petites centrales installées aussi bien sur un cours d’eau que sur un réseau d’eau potable ou d’eau usée. À l’heure de la sensibilisation croissante aux problèmes environnementaux, l’énergie hydroélectrique s’affirme comme une ressource d’énergie renouvelable, décentralisée et non polluante. Elle s’inscrit parfaitement dans la logique du développement durable, aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en voie de développement. »

Usine du Châtelard

L'ancienne usine du Châtelard sur l'Orbe ©

Suit l’historique des centrales de la Dernier (Romande Energie SA), de la Gerlette (Commune de Vallorbe), du Châtelard (SEC), de l’usine électrochimique du Day, l’usine des Clées de la Romande Energie SA), l’usine de Montcherand (Romande Energie SA) et pour terminer les Usines de l’Orbe, entreprise fondée en 1891. « Elle a livré ses premiers kWh, en provenance de sa centrale au fil de l’Orbe du Chalet, dès le début de 1894. Elle est devenue en 2004 propriétaire de l’ancienne centrale des Moulins Rod, augmentant ainsi sensiblement sa propre production d’électricité. Elle alimente les communes d’Orbe et Montcherand et fait partie du groupe Enerdis qui a été créé en 1999. » De la liste des centrales on passe à celle des projets de nouvelles mini centrales : Au Bief Rouge (tunnel du Mont d’or), à la Gerlette, au Musée du Fer de Vallorbe, et à la restitution d’eau du barrage du Day.

Salle des machines

 Salle des machines de Montcherand en 1908 ©

La seconde partie de l’étude de Serge Leresche, est, comme la majorité de celles qui l’ont précédé, consacrée aux différents entretiens. Le premier est celui de Vincent Denis de MHyLab :

MHyLab (laboratoire de mini hydraulique), basé dans l’usine électrique de Montcherand, est une fondation à but non lucratif fondée en 1993, indépendante de tout constructeur ou entreprise. Son but est de développer la production décentralisée d’énergie électrique, au moyen de petites centrales hydrauliques, ceci tant en Suisse que dans le monde, et de prêter assistance aux différents acteurs de ce marché, dont les propriétaires et promoteurs de ce type d’aménagement. Ce centre de compétences en petite hydraulique, se propose d’une part, de développer des machines adaptées à la petite hydraulique et d’autre part, d’assurer un soutien technique pouvant aller du conseil à la formation du personnel, en passant par le suivi de réalisations et le contrôle des performances des petites turbines.

 

Usine de Montcherand, dans laquelle est intégré le laboratoire MHyLab

 


 

Vincent Denis

Pour mieux appréhender les problèmes de la petite hydraulique et de faire connaissance avec cette fondation, nous avons été reçus le 6 septembre 2006 à Montcherand par Vincent Denis, responsable du laboratoire MHyLab. (Extraits)

 

 

 

 

Pouvez-vous nous présenter votre laboratoire et ses activités ?

Nous avons dans notre laboratoire quatre activités : l’information, la formation, le conseil en ingénierie et le développement de turbines hydrauliques en laboratoire. Commençons par la plus petite en volume, Info Energie. Ce mandat d'information nous a été confié par la Confédération il y a plus de dix ans dans le cadre du programme « Suisse Energie » et du sous-programme « Petites centrales hydroélectriques ». Son but est de promouvoir la petite hydraulique, ses techniques et moyens de production et de la faire connaître à un public aussi large que possible, tout en soutenant les porteurs de projets potentiels.

Le deuxième volet est la formation. Elle se concrétise essentiellement par des collaborations avec les écoles d’ingénieurs au travers du suivi de travaux de diplôme ou en enseignant à des formations post-grade. Nous organisons aussi des journées d’information et mettons sur pied des formations pour des associations professionnelles ou des entreprises qui désirent avoir un aperçu de la petite hydraulique. Parmi nos activités principales, il y a nos mandats d’ingénierie et de conseil qui nous amènent à réaliser des analyses préliminaires de sites, suivies d’études de faisabilité technique et économique. Nous pouvons alors poursuivre avec le projet de réalisation, l’établissement de cahiers des charges et des appels d’offres pour le matériel hydromécanique. Nous sommes enfin capables d’assurer tout le suivi de fabrication, de réception de matériel et de mise en service.Aline Choulot et Serge Leresche La seconde activité principale est le développement de turbines hydrauliques en laboratoire. Les constructeurs de petites turbines ne disposent pas de laboratoire, trop coûteux, et ne peuvent, par conséquent, pas faire de recherche. L’idée était de créer un laboratoire, un centre de recherche à disposition des constructeurs, sans distinction. Cela nous a amené à développer des machines, par exemple, une gamme de turbines Pelton pour les chutes supérieures à 60 m. et une gamme de turbines de type Kaplan pour des chutes inférieures à 30 m.      

                                                                                       Aline Choulot ingénieur à MHyLab et S. Leresche 

Traitez-vous toutes les machines ?

Il nous reste à combler un trou pour les chutes de 20 à 100 mètres, la zone "Francis". Pour cela nous allons développer des turbines diagonales qui sont une émanation des "Kaplan", cette turbine inventée par un ingénieur genevois, M. Dériaz, porte son nom. Nos clients sont de petits industriels qui réalisent les installations. Finalement nous cherchons à couvrir un assez large domaine de la branche.

Combien avez-vous de collaborateurs ?

Jusqu’en juillet de cette année 2006, nous étions quatre, plus un stagiaire et depuis août trois. L’ordre de grandeur idéal est quatre à cinq employés. Nous avons aussi un petit réseau de spécialistes à qui nous pouvons faire appel pour certains projets ou en périodes très chargées.

Pouvez-vous nous décrire ce qu’est la mini hydraulique ?

Vaste question ! On peut dire que la mini ou petite hydraulique a une définition légale, fixée en Suisse à 10 MW de puissance. La centrale du Seujet à Genève, qui a une puissance de 10 MW et des roues de plus 5 mètres de diamètre, est théoriquement une petite hydraulique, alors que cela n’est évidemment pas le cas. À MHyLab, nous considérons qu'une petite centrale hydraulique est une installation qui, pour des raisons techniques et économiques, ne peut pas être un modèle réduit d’une grande centrale. C’est donc un domaine à part, même s’il est vrai que l’on utilise aussi des turbines hydrauliques, des conduites, de l’eau et une dénivellation. Dans la conception des aménagements, des différents matériaux et la façon de travailler, nous devons avoir des méthodes adaptées à la petite taille des installations. Sans quoi on arrive à du trop compliqué, du bricolage ou de l’extrapolation et on a des centrales qui ne fonctionnent pas. Il est donc nécessaire de développer une technologie et des méthodes qui sont propres à ce domaine. Si je suis conscient que ce n’est pas vraiment une définition, celle de 10 MW n’en est pas une non plus. Par exemple, l’Italie l’a fixée à 5 MW, la Chine à 50 MW. Au Portugal et dans les institutions européennes la limite est également fixée à 10 MW. La raison qui a conduit la définition de cette limite de 10 MW est que, jusqu’à cette puissance, il faut des programmes d’encouragement pour que les projets se réalisent. Il faut des mesures d’accompagnement, pas forcément financières, mais qui  sont simplement des mesures de garantie d’accès au réseau, d’obligation d’achat d’énergies renouvelables, etc. Au delà de 10 MW, on est dans des installations se trouvant sur le marché "normal".

Quels besoins couvre la petite hydraulique ?

En Suisse, nous n’avons pas beaucoup de chiffres. La Confédération ne répertorie plus toutes les petites centrales de faible puissance. La dernière étude, réalisée par l’Office fédéral de l’énergie date de 1992. Actuellement des statistiques sont tenues par l’association des propriétaires de petites centrales (ISKB). Ce que nous pouvons dire aujourd’hui sans trop nous tromper, c’est que la petite hydraulique représente 3000 GWh/an et que l’année passée la consommation totale suisse a été de l'ordre de 60'000 GWh. Elle représente donc 5% des besoins.

Quel est son potentiel ?

Nous estimons qu’il est possible de doubler cette production. La consommation augmente, mais cela ne veut pas dire que l’on passera à 10%. 3000 GWh, ce n’est pas négligeable, sachant qu’un GWh, couvre environ 250 ménages. Il est important de relever que de nombreux GWh potentiels sont "en friche". La technique existe, les compétences aussi ; nous pouvons donc les réactiver rapidement. Tous les domaines des énergies renouvelables sont en évolution. La petite hydraulique n'y fait pas exception. Pour assurer son développement, il faut une volonté politique et des garanties d’accès aux réseaux. Ce sont des éléments essentiels. Cette énergie renouvelable coûte un peu plus cher que si elle provenait de grandes centrales, mais c’est une énergie produite localement. Cette différence de prix est actuellement en train de se réduire, le tarif du marché étant, par ailleurs, en augmentation. Toutes ces petites installations décentralisées aident aussi à soulager les grands réseaux de transport. Certes nous n’allons pas résoudre le problème énergétique mondial en faisant des petites centrales hydrauliques, mais c’est un acteur important dans le domaine des énergies renouvelables qui mérite d’être développé. Le doublement, voire plus, de la capacité dépend du prix de l’énergie ainsi que des contraintes administratives et légales. Cela découle finalement de la politique que l’on veut bien se donner. Si on est volontariste ou non dans le domaine du développement des énergies renouvelables. Si le prix de l’énergie continue à augmenter et que nous tenons compte des effets externes, tels que par exemple  la pollution, la tendance va en notre faveur. Plus le prix "du marché" de l’énergie augmente, plus le potentiel à réaliser des petites centrales hydrauliques augmente aussi. Il existe évidemment une limite technique, la ressource en eau disponible n'est pas extensible.

 

Turbine (1929) de la source de la Gerlette (commune de Vallorbe)

 

Quel est selon vous son avenir en Suisse ?

En Suisse, je dirais que l’avenir est relativement bon pour la petite hydraulique, grâce aux programmes d’encouragement. Les chambres fédérales parlent d’amélioration des conditions cadres pour l’ensemble des énergies renouvelables, dont la petite hydraulique. Les projets qui restent aujourd’hui à réaliser sont plutôt de petite et moyenne taille. Il y a donc encore un bel avenir dans ce domaine en Suisse, ne serait-ce que dans le turbinage des eaux potables. Cela avance ! Les conditions cadres ont évolué et le surcoût, par rapport à leur coût d’approvisionnement normal, est couvert par un fonds de péréquation prélevé sur le transport d’énergie. La population suisse a voté l’article de la Constitution sur l’énergie où il est clairement dit que l’on doit développer les énergies renouvelables. Il y a une certaine cohérence. Les compagnies d’électricité, longtemps peu actives dans ce domaine, sont maintenant prêtes à être partenaires de petits projets. Depuis le début de l’année, tous projets confondus entre ingénierie et construction de machines, nous en avons réalisés vingt-trois, pour une structure de 4 personnes. En 2005, nous n’en comptabilisions que quatorze. Mais les prévisions sont toujours dangereuses, surtout à long terme ! Je ne pense pas que nous allions vers une diminution du prix de l’énergie.


Claude Madörin

 La Société Electrique du Châtelard (SEC) a été fondée le 2 février 1896 à Vallorbe. À l’époque ses buts étaient de produire et de distribuer de l’énergie électrique aux localités de Vallorbe, Ballaigues et Vaulion. Aujourd’hui la société assure aussi la distribution de gaz naturel et a créé un département d’installations. Claude Madörin, son directeur, nous a aimablement reçu le 18 octobre 2006 dans les locaux de la SEC à Vallorbe. (Extraits)

Pouvez-vous nous présenter la SEC ?

La Société Electrique du Châtelard a été constituée en 1896. Elle a fait l’acquisition du réseau de gaz en 1978. Son capital actions est d’un million, avec des participations de communes pour près de 63%. Son chiffre d’affaires est d’environ 12 millions, dont 6,9 proviennent de l’électricité, 1.6 du gaz et 3,4 des installations. Notre aire de distribution électrique s’étend à Vallorbe, Ballaigues et Vaulion ; pour le gaz nous allons jusqu’à Lignerolle, Les Clées et depuis peu à L’Abergement. En ce qui concerne nos activités d’installations, nos services sont proposés partout où nous avons une demande sur l’ensemble de la Romandie (Neuchâtel et Genève par exemple). Il y a quatorze ans mes collègues des autres sociétés d’Enerdis pensaient fermer ces installations ou les diminuer drastiquement. Finalement nous avons fait le contraire, aujourd’hui, avec Georges Leresche, nous avons plus que triplé le chiffre d’affaires du secteur avec une bonne rentabilité.

Comment les achats d’électricité fonctionnent-ils ?

Nous faisons des analyses et donnons nos pronostics. Nous faisons du « Hedging », c'est-à-dire que nous achetons de 6 mois à une année à l’avance… Nous achetons des positions pour 2007-2008. Ensuite nous faisons ce que l’on appelle « l’achat des jours d’avant », l’achat « Spot ». Nous achetons les compléments chaque jour avant 8 heures pour le lendemain. Notre poste de pilotage se trouve à la centrale du Chalet. Il définit les prévisions et les consommations que l’on a dans chacune des sociétés. Le poste de pilotage peut être suivi par n’importe quelle société du groupe. Nous avons également un logiciel de simulation qui s’appelle « Efforte ». Ce système nous permet d’avoir une simulation réelle en fonction des conditions météo et de la température extérieure de chaque endroit, ce qui nous permet de faire nos propositions d’achat. Une fois l’achat fait, selon le profil estimé, le profil réel est analysé chaque jour. Une fonction s’appelle « Power Balancing », elle équilibre les réseaux ; vous savez que l’énergie consommée doit être égale à l’énergie soutirée. L’achat d’énergie au dernier moment  a encore un prix plus élevé. C’est toute une succession de prix différents que nous connaissons uniquement lorsque l’énergie est utilisée. La différence du prix est extrêmement importante selon la qualité de nos prévisions. Si nos prévisions sont bonnes, nous avons un prix intéressant, sinon il y a un gros risque de perte.

 

Barrage de la Jougnena

Barrage et retenue d'eau de la SEC sur la Jougnena

 

Comment fonctionne ce « profil » ?

Le profil se décline chaque jour en fonction des évènements et des prévisions données. Nous revendons du "Spot" les premières heures de la journée et plus tard nous sommes obligés d’en acheter. Cela dépend des heures et de ce qui se passe sur le marché. Ces variations, nous les payons très chères. Donc, il faut être le plus précis possible. Ces décisions sont prises dans la cellule que nous avons constituée, elle effectue les transactions au travers de Romande Energie et Avenis.

Et la libéralisation du marché de l’électricité ?

Nous arrivons dans un monde commercial et concurrentiel, nous espérons que cela marchera en 2007 avec notre fournisseur Romande Energie. Et si ce n’est pas le cas, nous irons acheter notre part variable ailleurs, chez Axpo, chez EDF, ou ailleurs… Notre intention n’est pas de quitter Romande Energie, loin de là, mais nous souhaitons un accès à EOS au même niveau qu’elle. Jusqu’à présent on nous a considéré comme des petits... Nous ne le voulons plus puisque le marché nous ouvre ses portes. C’est donc une opportunité à saisir dans le cas de cette libéralisation du marché pour l’achat d’énergie.

Et que pensez-vous de la libéralisation de la distribution aux ménages ?

Personnellement je pense que c’est une immense erreur. Cela génère des frais considérables. Le prix de l’énergie ne peut qu’augmenter. Un bon système monopolistique, mais contrôlé par l’autorité politique me parait plus avantageux qu’un système complètement libéralisé dans le cas de la distribution aux ménages. Mais nous n’y sommes pas encore. Il faut absolument libéraliser la distribution pour les gros consommateurs, leur donner libre accès afin de rendre notre économie compétitive. Quand j’ai un gros consommateur qui dit payer trop cher son énergie, il faut lui expliquer, lui démontrer la complexité du jeu. Nous travaillons au mieux. Nous devons être transparents. Je crois qu’il est absolument nécessaire que nous soyons solidaires dans une société comme Enerdis. Avec 30 GWh au Châtelard, 30 à Orbe et 50 à la Vallée de Joux, nous sommes insignifiants. Pour être intéressant, nous devons travailler avec 500 GWh minimum.


Laurent Francfort

 La commune de Vallorbe compte plusieurs centrales hydro-électriques sur son territoire. Nous avons voulu connaître le point de vue du syndic de Vallorbe à cet égard. Laurent Francfort nous a reçu les 15 septembre et 21 novembre 2006, ainsi que le 12 février 2007, à la salle de la municipalité de Vallorbe. (Extraits)


Quel rôle joue la commune de Vallorbe dans la production électrique régionale ?

Avec deux barrages et deux centrales sur la commune, nous avons un rôle important en tant que producteurs au niveau cantonal. Il faut savoir que le quart de la production d’énergie électrique du canton de Vaud se fait sur le cours de l’Orbe.

Que pensez-vous de l’ouverture du marché de l’électricité ?

Le marché va s’ouvrir ! En 2008 ? Nous ne le savons pas, les dates sont toujours repoussées. Une chose est cependant sûre, c’est que le pouvoir politique (législatif) a décidé de viser trois axes différents, à savoir :

1er axe) Monsieur prix demande que l’électricité soit fournie à un prix acceptable pour chacun et que soit mise à disposition une énergie à un prix compétitif. C’est pour cela que Romande Energie a annoncé une réduction de 46 millions de ses tarifs, ce qui a pour incidence une baisse substantielle de ses bénéfices.

2e axe) Actuellement on comprend et on accepte que les communes reçoivent une ristourne pour l’utilisation de leur sol à des fins de production ou de transport d’électricité. À l’avenir les communes productrices ou distributrices d’électricité sur leur territoire toucheront une redevance sur la base du kW (0.7 ct/kWh). Actuellement toutes les communes touchent une redevance forfaitaire. Certaines, comme celles de la Riviera, touchent des centaines, voire des millions de francs, et d’autres 200 francs par an. À Vallorbe, par exemple, la SEC redistribue à la commune environ 90’000 francs par an pour l’utilisation de l’emprise au sol du réseau de distribution. À partir du 1er octobre, je pense plutôt 1er janvier, les communes pourront percevoir un montant unique et forfaitaire de 0.7 ct/kWh distribué sur leur territoire. Ceci sous réserve des recours de communes de la Riviera qui ont des effets suspensifs. Date non arrêtée pour l’application de ces décisions, mais elles seront avec effet rétroactif.

3e axe) Il s’agit de promouvoir des énergies alternatives, vertes, afin d’augmenter notre capacité de production propre, quelque soit son mode. La nouvelle Loi sur l’énergie précise : si pour promouvoir cette énergie, une société se crée dans laquelle les pouvoirs publics ne seront actifs qu’à concurrence de 50%, nous, Confédération, nous nous engageons à ce que le producteur rachète ce courant à hauteur de 15 ct/kWh.

 

Viaduc du Day

Eté 2007, viaduc de Day en aval de Vallorbe. Le niveau du lac du Miroir est particulièrement bas

 

Quelle sera la durée de cet engagement ?

Elle n’est pas définie ! Il faudrait une pérennité. La société qui met en œuvre une petite centrale, pensant qu’elle va percevoir 15 centimes par kWh, et qui quelques années plus tard se retrouve à toucher le prix du marché, ne pourra pas survivre.

Qu’en sera-t-il pour les petits consommateurs ?

Vraisemblablement dans un premier temps une baisse du prix qui sera suivie d’une remise à niveau en fonction du marché, soit à la hausse. Le cas de figure vécu en Allemagne en est le reflet : la petite industrie et les petits consommateurs sont allés au meilleur prix du marché. Après avoir conquis des clients, les producteurs ont revu leurs tarifs à la hausse. Ces tarifs sont actuellement plus élevés qu’avant la libéralisation.


 

Olivier RapinEntretien avec Olivier Rapin, secrétaire général de Romande Energie Holding, le 21 décembre 2006. (Extraits)

 

 

 

 

Pouvez-vous nous présenter votre société ?

La CVE a changé de nom à l’assemblée générale de l’année dernière, le 19 mai 2006, elle est devenue Romande Energie Holding SA (RE). La dénomination CVE a entièrement disparu. En effet, cela nous posait des problèmes, car les actions de la société étaient cotées en bourse au nom de CVE. La CVE, étant une holding, ne détenait que des participations financières, dont les 100% de Romande Energie, société opérationnelle facturant l’électricité. Les gens ne faisaient pas la relation entre CVE et Romande Energie, ce qui nous a amenés à changer de nom. La SEC et les UO se sont heurtés aux mêmes problèmes. Toutes nos sociétés sont liées par des conventions, parfois d’origine très ancienne, avec les communes du réseau de la Riviera, les communes du réseau de la SEBV et celles du réseau direct de RE. C’était d’une complication effroyable. C’est pour cela que nous sommes arrivés à devoir constituer cette holding. Nous avons aussi créé une nouvelle société, Romande Energie Renouvelable SA (RER) le 5 décembre 2006. C’est une petite société (à l’échelle du groupe) pour réaliser des projets liés aux énergies renouvelables. Nous avons pour le moment une dizaine de projets en examen, dont notamment une meilleure exploitation des 62 mètres de chute de Rivaz sur le Forestay. Mais nous avons aussi en travail des projets de centrales solaires aux Diablerets et à Bursins, ainsi que des projets de petites centrales à partir de l’énergie hydraulique ou d’autres énergies comme l’éolienne.

Combien employez-vous de collaborateurs ?

Nous sommes environ 650 personnes. Le groupe compte un peu plus, si l’on tient compte de la subdivision des transports publics de la Riviera (VMCV) qui dépend de la SEVM (Société électrique Vevey-Montreux). Ce n’est pas une société, mais un service qui a une centaine de collaborateurs dans une activité qui n’est pas électrique.

Quelle est votre production d’électricité ?

Notre production propre est d’environ 440 GWh par année pour une consommation des réseaux de 2600 GWh. Elle ne représente donc que 17%, nous achetons le solde.

 

Barrage du Day

Barrage du Day

 

Quelle zone alimentez-vous ?

Les sociétés du groupe alimentent la clientèle domiciliée sur le territoire de 319 communes : soit 311 dans le canton de Vaud, 5 dans le canton du Valais, 2 dans le canton de Fribourg et 1 dans le canton de Genève. 302 communes sont alimentées par Romande Energie, 12 par la Société électrique Vevey-Montreux et 5 par la Société électrique du Bas-Valais.

Que penser de la libéralisation du marché ? et que signifie cette ouverture du marché de l’électricité ?

Personnellement je ne suis pas un fan à tout crin, mais personne n’y échappe actuellement. Il y a des notions qui se mélangent un peu. Si je prends un territoire donné, vous avez Romande Energie qui a son réseau. Ce réseau va rester un monopole. Il n’est pas imaginable que l’on construise des réseaux parallèles à tous ceux qui existent déjà. Simplement le client X ne sera plus obligé de s’approvisionner auprès de RE. Il pourra demander que le courant provienne d’autres sociétés, comme par exemple BKW, EDF, des Allemands (E.On), ou des Valaisans, etc. C’est donc le kWh, le produit vraiment énergie, qui sera libéralisé, et non pas le réseau de distribution. Il sera facturé en fonction de la puissance demandée et du moment de la journée. Nous devrons nous organiser pour que l’on puisse mesurer cette énergie pour le compte des autres sociétés. Pour ce qui est du service d’acheminement proprement dit, qui reste en monopole, nous allons facturer ce qu’on appelle communément le timbre, qui comprend : une participation aux réseaux de transport à très haute tension, une contribution pour la transformation du courant haute tension en tension utilisable par les usagers, puis tout le service d’acheminement. Nous sommes à la fois propriétaire de ce réseau de distribution, pour lequel nous facturerons le timbre, et aussi fournisseurs au même titre que les autres sociétés. Pour l’instant nous jouons les deux rôles, mais les clients pourront dire « je suis bien reconnaissant que vous me livriez le courant, mais je ne veux pas de votre énergie, mais celle de x ou y ». Voilà en quoi consiste cette ouverture du marché de l’électricité.

Qu’en est-il pour le simple consommateur ?

Probablement que le simple quidam ne va pas faire spontanément cette démarche, mais il va être sollicité par tous les fournisseurs. Ce sont eux qui viendront, comme pour le téléphone, vous appeler à la maison ou vous attendre à la sortie d’un supermarché pour vous dire « arrêtez d’acheter votre énergie à RE, on vous la fait à moitié prix ». Vous n’aurez qu’à signer un document et nous RE, serons obligés de nous débrouiller pour décompter l'énergie de l’autre fournisseur. Pour les grandes industries, je pense que c’est justifié, mais par contre pour les ménages, il faut reconnaître que l’on va se battre sur le plan commercial pour quelques kWh ! Cela sans mépriser ces consommateurs qui nous font vivre. Il y aura un effort commercial faramineux à faire et à des coûts considérables, avec peu de profit pour le client. Il est clair que les entreprises électriques ont bien vécu dans leur situation de monopole jusque-là. C’est donc juste qu’elles fassent un effort de rationalisation et de compression de leurs coûts – de leurs marges
aussi – au bénéfice du client. Mais pour ouvrir le marché au dernier consommateur, il faudra mettre en place un système très compliqué.

Avez-vous d’autres détails sur les risques de la libéralisation ?

À mon sens, il y a encore le problème du réseau de transport à très haute tension, qui peut être congestionné à certains moments en fonction de la plus forte demande d’une partie du pays ou de ce qui se passe à l’étranger. Il y a un prix pour le transit des lots d’électricité du réseau très haute tension. Avant cela se faisait sans problème, plus maintenant. Vous devez donc acheter des capacités de transit. Si vous promettez tant de pourcents d’énergie hydraulique et que momentanément vous ne les avez pas, parce qu’il n’y a pas d’eau pour turbiner, par exemple, vous devez alors acheter des certificats justifiant que d’autres les produisent à votre place.

La libéralisation, alors, une chance selon vous ?

Beaucoup d'électriciens font les fiers-à-bras, et voient ici une opportunité formidable. Ce sera peut-être une chance pour les entreprises très performantes de se démarquer par rapport à d’autres, mais les marges vont quand même diminuer. Financièrement parlant, on va vers une réduction des résultats au profit du client et des agences de publicité ! Reste que c’est une opportunité de mieux rationaliser notre travail, de mieux nous organiser, d’améliorer notre service à la clientèle. Parce que maintenant, nous allons les chouchouter nos clients, alors qu’avant nous étions plus dirigistes, puisque de toute façon ils étaient liés à nous. Dans tous les cas, mieux vaut une ouverture réglementée qu’une ouverture sauvage !

Quels sont les projets de Romande Énergie ?

Nous ne produisons que 20% de ce que l’on vend. Donc nous devons acheter 80% sur le marché et nous sommes tributaires du prix du marché qui peut augmenter fortement et cela nous dérange beaucoup. Par définition nous avons un prix fixe d’année en année pour nos clients. Nous serions perdants si l’on devait acheter à un coût très élevé et vendre au prix fixé. Donc nous cherchons à augmenter nos 20% de production propre.


Christian Lambercy


L’association « L’Orbe Vivante » a pour but de défendre et de protéger cette rivière et ses affluents, de sa source en passant par le lac des Rousses jusqu’à son embouchure dans le lac de Neuchâtel. Christian Lambercy nous a accueilli les 24 octobre et 9 novembre 2006 aux Clées, village sur le fil de l’Orbe dans lequel il habite. (Extraits)

 

Pouvez-vous nous parler de votre association ?

L’Orbe Vivante a été créée il y a plus de 13 ans, le 13 février 1992, pour sensibiliser un large public autour du problème de l’eau, et sortant du cadre strict de la pêche. Les principales associations de défense de l’environnement qui existaient il y a quinze ans, concernaient des milieux tels que la nature, les oiseaux, alors que les poissons, mis à part les pêcheurs, pratiquement personne ne s’en occupait. L’idée était d’ouvrir le dialogue en exposant le problème que rencontrent les rivières où il y a beaucoup d’espèces qui sont menacées et pas seulement les poissons. Formée au départ dans sa majorité par des pêcheurs, L’Orbe Vivante s’est ouverte à des membres d’autres milieux. Nous nous sommes vraiment séparés du secteur pêche pour évoluer au vu des diverses problématiques, beaucoup plus complexes que nous ne l’imaginions au départ, que sont les questions de débit et de pollution des rivières.

A-t-elle l’étiquette d’écolo ?

Cela dépend pour qui. Pour les communes, que nous « chicanons » quelquefois par nos positions, nous passons pour des écolos. Nous sommes bien des écologistes, puisque nous défendons l’écologie. Mais nous le faisons dans le bon sens du terme, je pense. Nous cherchons à protéger l’environnement, à trouver des solutions qui peuvent être admises par tout le monde. Nous voulons être les représentants d’une population locale qui agit.

Pont du Moulinet

Pont du Moulinet en 2007

 

Quels buts poursuit-elle ?

Notre but est la protection de l’Orbe et de son bassin versant d’une façon générale. Nous sommes très axés au niveau de la qualité de l’eau et des débits résiduels. Ce sont vraiment les deux points sur lesquels nous avons le plus agi jusqu’à présent.

Quelles sont vos activités ?

Il y a deux activités principales : la surveillance de la pollution et celle des débits résiduels. Dans le cadre des problèmes de pollution, nous avons mené une campagne. Nous avons relevé tous les rejets arrivant dans l’Orbe, les avons recensés et, pour les plus importants, avons eu des discussions avec les communes pour essayer de les traiter. Certains ont disparu, d’autres sont toujours actifs. Par ailleurs, nous surveillons les différentes mises à l’enquête qui touchent l’Orbe et ses affluents, et dans les cas nécessaires, nous donnons notre avis ou nous nous opposons à des parties de projets, quand elles sont, selon nous, trop contraignantes pour la rivière.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

À Jougne, la STEP ne fonctionnait plus du tout, une horreur ! Nous avons constaté l’année dernière une prolifération d’algues dans les gorges de l’Orbe. Nous l’avons suivie pour comprendre d’où venait le phénomène. Nous connaissions le problème de la STEP de Ballaigues qui fonctionne mal, mais cela ne venait pas de là. En amont, il y avait toujours le même problème et en remontant la Jougnena, nous nous sommes aperçus que le problème subsistait. Par contre, passé la restitution de leur STEP, la rivière était à nouveau propre. Il y avait un impact direct avec la STEP et toutes les maisons qui rejettent directement leurs eaux usées dans les égouts. Malgré leur mélange avec les eaux de l’Orbe, cela posait tout de même problème. Nous sommes intervenus.

Ainsi, nous avons appris que la commune de Jougne allait mettre en service une nouvelle STEP. La Jougnena amenait beaucoup de pollution. Ces mesures apporteront rapidement des améliorations.

Parlez-nous des échelles à poissons sur l’Orbe. Quelle est la situation ?

Le principal problème est le barrage des Moulins Rod à Orbe, à côté duquel aucune échelle à poissons n’est aménagée (pour l’instant seule est installée une rampe à castors). Les pêcheurs avaient pris sous leur chapeau, il y a quelques années, ce problème. La pression est quelque peu retombée suite aux changements de concessionnaires. La construction de cette échelle est importante car elle permettrait la communication avec le lac. Les truites lacustres arrivent jusqu’au barrage et ne peuvent pas passer. C’est très regrettable. C’est un sujet que nous allons reprendre ces prochaines années. Pour le reste, en amont le barrage du Chalet est équipé d’une superbe échelle à poissons, mais dont l’utilité est très relative. Elle sert uniquement pour les truites qui vivent au Puisoir. Elle a été L'Orbedimensionnée pour que la truite lacustre puisse remonter jusqu’à l’entrée des gorges de l’Orbe, lui permettant d’y trouver de bonnes zones de frais. Les frayères sont meilleures qu’à Orbe (la rivière a une meilleure santé, à Orbe elle est très canalisée). Mais le barrage des Moulins Rod l’empêche de remonter. C’est important que la truite lacustre puisse monter surtout qu’elle figure sur la liste rouge des espèces menacées. Il n’y a non plus pas d’échelle à poissons au barrage des Clées, mais là, les problèmes migratoires sont moins importants au niveau des gorges car il y a des cascades qu’elle ne peut pas franchir, entre autres le Saut du Day. Il y a des truites fario qui migrent sur de petites distances et qui peuvent remonter jusqu’au pied des gorges, mais ce n’est pas l’essentiel. Pour le barrage du Day, ce serait énorme que de faire une échelle… Autant ne pas y penser.                                                                                                                      L'Orbe en amont des Clées

                                                                                                                                    
Pour conclure, êtes-vous optimiste ou pessimiste pour l’avenir de l’Orbe ?

Je suis un peu mitigé. Depuis la création de notre association, je m’aperçois qu’il y a des zones peu touchées par la pollution, ou par la canalisation, telles que Vallorbe et les gorges de l’Orbe. La rivière est stable, voire en légère amélioration au point de vue des résultats. La quantité de poissons évolue dans le bon sens. Les mesures correctives prises ont un effet positif sur la santé de l’habitat. Vallorbe et ses gorges ont une rivière magnifique. Ce n’est pas ce qui existait il y a 50 ans, il faut faire des comparaisons avec notre époque. La mise en service prochaine de la STEP de Jougne en France apportera une grande amélioration de la qualité de l’eau de la Jougnena, et pour l’Orbe. Par contre au niveau des zones canalisées de la plaine de l’Orbe, il y a une dégradation incontestable qui se poursuit malgré de meilleurs systèmes d’épuration, le poisson y est en régression. Puis il y a un autre phénomène, les gens se désintéressent des zones de plaine parce qu’elles sont devenues industrielles et canalisées. Lors de nouvelles constructions, il y a peu d’oppositions, tout y est déjà tellement dénaturé ! Ce sera de plus en plus difficile de faire machine arrière dans ces zones là. Et il y a des problèmes globaux contre lesquels on ne peut rien faire. Par exemple les micropolluants, contre lesquels il est extrêmement difficile de réagir.


Dans la brochure, une très belle « exposition » de cartes anciennes clôt l’étude avec la conclusion de Serge Leresche :

Une rivière, l’Orbe, son histoire au fil du temps et l’homme à la recherche de saTrain sécurité et de son bien-être représentent l’évolution démographique et économique de cette vallée. Si les précurseurs de l’utilisation de l’énergie de l’eau sont apparus il y a plus de 2500 ans, c’est dans un passé beaucoup plus récent que cette énergie s’est développée dans notre région. Est-il encore besoin de rappeler que l’énergie hydroélectrique est propre ? Les énergies renouvelables, dont l’énergie hydraulique dans son ensemble, sont déjà des solutions de lutte anti-pollution. Ce qui n’est pas les cas des énergies fossiles, dont l’impact par l’effet de serre influence le réchauffement climatique de notre planète bleue. Il est grand temps que les politiques et les industriels de tous les pays cherchent des solutions et les appliquent pour laisser aux générations futures un climat sur terre viable à toutes les formes de vie. Actuellement, une prise de conscience mondiale est née. Espérons qu’elle sera suivie d’actions concrètes. N’oublions pas que chacun d’entre nous peut apporter sa part, si petite soit-elle, par une lutte journalière contre le gaspillage de tout genre et particulièrement énergétique. Les petits ruisseaux font les grandes rivières ! Relevons aussi les difficultés des sociétés de production, pour être compétitives sur le marché, touchant le développement de leurs infrastructures dans le respect de l’environnement. Je crois aujourd’hui que les relations entre les producteurs d’électricité et les mouvements écologiques sont en amélioration, témoin notre entretien avec l’association Orbe vivante. L’écoute et le dialogue permettent souvent de trouver un consensus pour que l’exploitation de l’énergie soit économique dans le respect de l’environnement. Face au déficit de production d’énergie électrique des entreprises, dont la Romande Energie, elles s’impliquent de plus en plus dans les énergies renouvelables, en particulier pour la petite hydraulique. Même si cette énergie reste marginale, elle n’en est pas moins très intéressante puisque propre par l’absence de CO2 et locale face à la charge des grands réseaux de distribution.

 

 Région de Vallorbe, vue de la Dent de Vaulion



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88 pages, photos couleurs

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Mai 2007
 


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